« C’est l’histoire d’un mec… », en 1986, Coluche meurt dans un tragique accident 

Michel Colucci, dit Coluche, est né le 28 octobre 1944 à Paris dans le 14e arrondissement, près de la porte d’Orléans. Orphelin de père à l’âge de trois ans, il grandit entre sa mère et sa sœur aînée. Très vite, il affiche son refus de l’autorité, d’abord à l’école où il tourne son instituteur en dérision mais aussi dans la rue, il nargue les flics en réalisant des petits larcins. 

Coluche, la moto était sa passion 

La passion de Coluche pour la moto l’aide à sortir de sa dépression et de la drogue après son divorce et le suicide de Patrick Dewaere.  

En 1985, Coluche met cette passion en avant et s’engage sur le Paris-Dakar en début d’année, puis le 29 septembre, il bat le record du Monde de vitesse du « kilomètre lancé sur piste » avec 252, 087 km/h. 

Mais ce 19 juin 1986, la moto de Coluche est percutée par un camion à Opio dans les Alpes Maritimes. Le premier journaliste arrivé sur place est Jean-François Georgetti. Il va constater que Coluche ne porte pas son casque, celui-ci est accroché sur le guidon de sa moto ! 

Coluche, « C’est l’histoire d’un mec… », 

Michel Colucci est passionné de comédie, il ne choisit pas le métier d’artiste, il fait le choix d’être saltimbanque et en 1974, Coluche se montre pour la première fois sur scène avec son emblématique salopette et son nez rouge de clown.  

Pour en arriver là, Coluche commence par la chanson qui devient rapidement la chanson humoristique. Avec des chansonniers tels que Jacques Delaporte, Jean-Claude Dagostini et Xavier Thibaud, il présente son spectacle dans les cabarets parisiens. Le public n’est pas au rendez-vous et ce sont des années difficiles. L’humoriste en devenir enchaîne les petits boulots et Chez Bernadette, il croise la route de Georges Moustaki avec qui il va devenir très lié. Ce dernier l’héberge et lui présente Romain Bouteille, alors directeur de la troupe du Café de la Gare.  

Michel Colucci devient Coluche et il commence sa carrière sur la scène du Café de la gare où il côtoie Gérard Depardieu, Miou-Miou, Henry Guybet, Patrick Dewaere ou Thierry Lhermite. A partir de là, Coluche ne cesse d’enchaîner les succès sur scène et de tisser des liens dans sa vie privée. 

Coluche devient l’humoriste préféré des français 

Coluche va se servir de sa notoriété grandissante pour se battre contre les injustices, et en particulier de l’homophobie, du racisme et de la pauvreté. Les salles à moitié vides laissent la place à la télévision et au cinéma et les années 80 font de lui un des humoristes les plus appréciés en France.  

En 1984, il obtient le César du meilleur acteur pour son rôle dans le film Tchao Pantin et en 1985, toujours dans la « provoc », il épouse Thierry Le Luron « pour le meilleur et pour le rire ». 

Coluche, un humoriste mais aussi un homme engagé 

Pour marquer sa désapprobation avec le système, Coluche va même jusqu’à se présenter à l’élection présidentielle de 1981 sous l’étiquette de « candidat nul ». Mais alors que tout cela est fait sous le couvert de la plaisanterie, les Français le prennent au sérieux et il est crédité de 16 % des intentions de vote. La pression de la classe politique et les menaces de mort ont raison de son engagement dans cette élection présidentielle et Coluche retire sa candidature. 

Comme il l’a toujours fait, il se bat contre le pouvoir établi. Il se moque des flics et du gouvernement et dénonce les injustices et ceux par qui elles se mettent en place. En 1985, il tente de mettre les pouvoirs publics face à leurs responsabilités et pour montrer qu’il est toujours engagé auprès des plus démunis, il crée les Restos du Cœur. Avec Jean-Jacques Goldman, il écrit la chanson et l’interprète en compagnie de sa bande d’enfoirés « Moi je file un rencard à ceux qui ont plus rien, sans idéologie, discours ou baratin ».  

Avec le soutien de l’Abbé Pierre pour son organisation caritative, Coluche se présente devant le Parlement Français, puis le Parlement Européen. Il veut sensibiliser les députés afin que les dotations aux œuvres caritatives soient défiscalisées. Il aura gain de cause mais ce n’est qu’en 1988 que la loi Coluche est votée.  

(Crédit photo : Istock)

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